Mais au fait, c’est quoi être punk ? What is punk by the way ?

Demandez à 100 personnes et vous aurez 100 réponses différentes.

Ask a 100 people and you’ll get a 100 different answers. 

Est-ce la musique qui fait le punk ? Mais alors, c’est quoi la musique punk ? Des guitares saturées, une batterie énervée et rapide, un chant criard (comme l’ont si bien représenté les Irlandais hardcore de The Holemasters dans les années 90). Certes. Mais pas que. Car que faire dans ce cas des albums “Sandinista !” ou “Combat rock” de Clash  qui exploraient des genres aussi divers que le dub, le reggae ou le gospel (!) allant même jusqu’à l’introspection (voire les morceaux “The Equaliser”, “The Sound of Sinners” ou “Straight to Hell”). Il ne viendrait jamais à personne l’idée de douter de la punkitude du groupe à quelque moment de sa carrière.

Does music define what is punk ? Hell then, what’s punk music ? Saturated guitars, some fast and edgy drums, a bawling singing (as well played by Holemasters, Irish hardcore band from the 90’s). It sure is. But there’s more to that. What about “Sandinista !” or “Combat Rock” LPs where you can find dub, reggae or even gospel music (!) (The Equaliser”, “The Sound of Sinners”). Those Clash albums went so far in diversity they even reached introspection (“Straight to Hell”) And who can even doubt about The Clash being punks all over their career ?

 

 

Vidéo mise en ligne par la chaîne youtube Thomas J. Foley le 08/10/2015

 

The Clash  – “Sounds of Sinners” – Audio only

Les textes certainement. Des textes engagés comme ceux des Pistols avec “Anarchy in the UK”, des textes fortement placés à l’extrême-gauche de l’échiquier politique, des textes aux accents libertaires. Des textes revendicatifs. Et violents (le “White riot” encore de Clash  ou le “Hélène et le Sang” des Bérus par exemple)

Must be the lyrics. Militant lyrics such as Pistols’ “Anarchy in the UK” , far left lyrics, anarchist lyrics. Incisive lyrics. And violent ones too (“Clash’s “White Riot” or Bérurier Noir’s “Hélène et le Sang” for instance)

“Des marques sur ta peau, sous la gorge un couteau
Quatre salopards…
Une nuit de cauch’mar
Tu n’as plus rien à perdre
Il te reste la haine
Tu peux compter sur moi
Toi Hélène Hélène” (Bérurier Noir – “Hélène et le Sang”)

“bruises on your skin, a knife upon your throat, four assholes…a nightmare, you have nothing to lose, you just have hate, you can count on me, you Hélène Hélène” (Bérurier Noir – “Hélène et le Sang”)

 

 

Vidéo mise en ligne par la chaîne youtube Tinark le 15/11/2009

“Black people gotta lot a problems
But they don’t mind throwing a brick” (The Clash – “White Riot”

“Les noirs ont beaucoup de problèmes mais ils n’hésitent pas à lancer des pavés” (The Clash – “White Riot”)

 

 

vidéo mise en ligne par la chaîne youtube theclashVEVO le 04/09/2013

Mais alors que Johnny Rotten est ses comparses rêvaient de semer l’anarchie au Royaume-Uni,  Brian James , Rat Scabies, Captain Sensible et Dave Vanian pensaient encore à l’amour. Sorti en 1977, l’année de l’explosion de la musique punk, le “New Rose” des Damned auraient eu sa place dans l’histoire de la chansonnette d’amour si ce n’était son instrumentation (bon, ok, il s’agit là d’un amour contrarié mais quand même, a-t-on jamais imaginé un punk être amoureux ?).

While Johnny Rotten and his merrymen were dreaming about anarchying United Kingdom, Brian James, Rat Scabies, Captain Sensible and Dave Vanian were still thinking about love. Written in 1976, issued in 1977, during the punk explosion, The Damned’s “New Rose” would have fitted in good place in a love song anthology except for its music which doesnt’ quite sound like one (well, right, it is love with obstacles but hey ! who ever dreamed about a punk falling in love ?)

“I gotta feeling inside of me, it’s kinda strange, like a stormy sea” (Brian James, Rat Scabies – “New Rose”)

“Je ressens quelque chose en moi, c’est étrange, comme une mer déchaînée” (Brian James, Rat Scabies – “New Rose”)

 

 

Vidéo mise en ligne sur youtube par Rafael Lage le 01/01/216

Alors, si l’on ne peut résumer le punk à sa musique ou ses textes, ne faudrait-il pas regarder du côté du look ? Après tout, les Sex Pistols et le Bromley Contingent s’habillaient chez la future créatrice de mode Vivienne Westwood dans sa boutique “Sex” à Londres. Après tout, Johnny Rotten affichait dès le départ des épingles à nourrice et des badges sur ses fringues. Le look des punks anglais était ce qui choqua la prude Angleterre en premier lieu avec notamment les maquillages outranciers et les brassards nazis de Siouxsie Sioux pour ne citer qu’elle. Leur look permettait aux punks de choquer la bonne société, ainsi que la royauté, et leur permettait également de rompre avec les groupes installés et l’amour comme valeur universelle des hippies. Dans l’imaginaire médiatique, la crête iroquoise est née à ce moment précis et fleurissait à tous les coins de rue. Pourtant, le Bromley Contingent mis à part (dont les membres, sur lesquels nous reviendrons dans un futur article, n’étaient finalement que les femmes et hommes sandwiches de Vivienne Westwood et Malcolm McLaren, son partenaire), les punks de 1977 se démarquent par leur…banalité. Cheveux courts ou longs, maquillage ou non (en tout cas beaucoup moins que ceux des chanteurs glam-rock du début de la décennie), jeans, chemises ou t-shirts, costumes même pour certains. Le look n’est alors pas le signe de reconnaissance premier de ces pionniers du punk qui servent de référence pour ce qui est de la musique. Joe Strummer, chanteur de Clash, ne portera une crête façon Al Pacino dans Taxi Driver que quelques années plus tard.

So if music and lyrics aren’t good enough to describe punk what about its look ? Obviously, The Sex Pistols and the Bromley Contingent found their garments at Vivienne Westwood’s shop called “Sex”, she who will become a high fashion stylist. Johnny Rotten wore badges and safety pins since the very beginning. English punks ‘ look offended and shocked England good society and royalty before music. Siouxsie Sioux’s outrageous make-ups and nazi armbands, for exemple, contributed to the offense. And that kind of look allowed punks to break with bands who were into the establishment or hippies ‘ universal value (love). Medias and good people think the mohawk style started then. However, except for the Bromley Contingent (we’ll talk about those moving adds for Westwood and McLaren’s shop later) 1977 punks shocked because of their…neutral look. Short or long hair, not so trash make-ups (on the contrary of glam-rockers from the early 70’s), jeans, shirts or tee-shirts, even suits for some of them. You can’t spot on a punk according to his look in between the first punk bands then. Joe Strummer for instance will only wear his Al Pacino’s mowhawk (in Taxi Driver) a few years later. 

Le Bromley Contingent et les Sex Pistols en direct sur la BBC  dans l’émission de Bill Grundy en 1976

The Bromley Contingent and the Sex Pistols live on BBC (Bill Grundy’s show) in 1976.

bromley contingent

The Clash

the clash

Joe Strummer et Al Pacino

 

 

Ce n’est donc pas non plus le look qui fait le punk.

Punk is not defined by its look either.

Si l’on cherche le point commun de tous les groupes punks et de leurs fans en 1976-1978, c’est leur façon d’être et d’agir. Ils choquent, oui, mais dans quel but ? Choquer était-il une finalité ? Ou n’était-ce pas plutôt leur façon, la façon de ces jeunes issus des milieux populaires urbains britanniques, délaissés par la société qui ne leur offrait déjà aucun avenir, n’était-ce pas leur façon de dire merde et surtout de s’imposer. D’être là. De vivre sans attendre qu’on leur en donne le droit. Se lever et gueuler au monde qu’il allait falloir faire avec eux bien que celui-ci ne voulait pas d’eux. C’était aussi la revendication des jeunes de la fin des années 50 avec l’apparition du rock’n roll, apparition qui n’a pas moins choqué le monde que l’explosion punk (l’église allait quand même jusqu’à dire que c’était une manifestation satanique, ce qui n’était pas rien dans ces années là). Même si la jeunesse des années 50 avait l’avenir entre ses mains contrairement à 1977. Se lever, s’affirmer, par la violence si besoin était (car rien ne leur était donné, ils devaient le prendre), violence physique, orale ou visuelle, violence politique située à gauche, violence faite aux bonnes moeurs, les interviews de punks étant souvent entrecoupées de rots ou d’insultes, violence faite à l’establishment (comme bafouer le jubilée de la reine, crime de lèse-majesté s’il en est), violence faite à la musique par la musique.

Etre punk, c’est alors être soi-même (mais à gauche), se débrouiller seul  en évitant les circuits proposés (le fameux DIY anglais ou l’alternatif français) en créant et développant ses propres réseaux selon ses besoins (apparition des fanzines, des circuits de distribution alternatifs, des circuits de concerts, des labels hors major et ce malgré le fait que tous les groupes punks de 1977, Sex Pistols en tête, étaient signés chez des majors type EMI ou Polydor). Etre punk, c’est oser et faire. Peu importe ce que pensent les autres. Et finalement, la meilleure “définition” de ce qu’est être punk, ce sont les Dead Kennedys qui l’ont donnée dans leur morceau “Nazi Punks Fuck Off” – pas besoin de traduction).

So, what’s the common ground in between all the 1977 punks ? Obviously, it’s their way of being, their way of acting, of living. They used to shock but shocking was it the only and main goal ? or wasn’t it the only mean for those urban popular youngsters to impose themselves within a society which left them over and had nothing for them but a blur future ? A way to say fuck off to the world. A way to be here. To live without getting the permission. To stand up and shout to the world, which didn’t want them, they were to be counted with. This was an old refrain since late 50’s youth had the same behaviour when rock’n roll appeared for the first time. Rock’n roll shocked the world no less than punk did. The church used to qualify rock music as satanic which was quite a menace at the time. But the difference in between the two eras was in 1956 young people had teir future in hands. In 1977, youngsters had to grab their life, to create it, through violence if they had to. Physical, spoken or visual violence. Left-wing political violence. Violenting decency, violenting the establishment (disturbing the queen’s jubilee in 1977 was no more than a crime of lèse-majesté). Violenting music thanks to music. 

Being punk is to be ourself (well, a left-wing self), to use DIY (or to be “alternative” as they put it in France), avoiding existing networks and creating its own through fanzines, labels, ditribution or gigs networks (even though all of 1977 punk bands signed for majors such as EMI ou Polydor). Being punk is to dare and to act. Whatever other people think. Eventually, The Dead Kennedys gave us the best definition with their song “Nazi Punks Fuck Off”

“Punk ain’t no religious cult
Punk means thinking for yourself
You ain’t hardcore ’cause you spike your hair” (Jello Biafra – “Nazi Punks Fuck Off”)

“Le punk n’est pas un culte religieux, le punk signifie penser par soi-même, tu n’es pas hardcore parce que tu portes des spikes sur ta tête” (Jello Biafra – “Nazi Punks Fuck Off”)

 

 

Vidéo mise en ligne sur youtube par The Founder Of Myself le 12/06/2013

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